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lundi 15 juin 2009

La micro édition.

Faire le choix de la micro édition c'est faire le choix d'un retour à l'essence même de l'édition artisanale.
Après la "découverte" de l'imprimerie, les premiers éditeurs furent des imprimeurs. Ils éditaient des ouvrages théologiques ou médicaux tirés à très peu d'exemplaires et aux coûts élevés. Puis il y a eu des romans, et des tirages beaucoup plus importants.
La mécanisation des presses entraînera un développement de l'écrit, presse et livre.

C'est au 19eme siècle que l'édition moderne explose grâce à des éditeurs de génie comme Hetzel, qui inventera le marketing littéraire. Sans lui on peut se demander si Jules Verne aurait existé...

Dans leur correspondance l'éditeur ne cesse de corriger l'auteur, s'impatientant lorsque celui ci n'arrive pas à la hauteur de son art, le bousculant jusqu'à la fâcherie. Jules Verne n'a jamais succombé à la colère, lui qui était si peu patient avec son entourage, car il savait que Hetzel avait raison. C'est l'un des rare cas où ces deux binômes que sont l'auteur et l'éditeur ont parfaitement fonctionné. Certes,à la fin, Verne a bien reproché à Hetzel de s'être enrichit sur son dos, mais leur oeuvre commune a rapporté aux deux à tous points de vues. 

Au début du 20ème siècle les grandes maisons d'éditions naissent les unes après les autres. Dans la biographie qu'il consacre à Gaston Gallimard, Pierre Assouline raconte qu'en 1911 les grands libraires-éditeurs s'appellent déjà Hachette, Fayard, Calmann-Lévy, le Mercure de France et qu' ils fonctionnent comme des découvreurs ou chasseurs de talents. C'est de cette époque que date la fameuse rivalité entre Gallimard et Grasset. Lorsque l'un édite Giraudoux ou Mauriac, l'autre cherche à faire mieux avec Claudel ou Gide.

Un bon roman se vend, à cette époque, à deux mille exemplaires, nous dit Pierre Assouline.
Il est imprimé, on le présente dans le Journal des Libraires, on en envoie quelques exemplaires dédicacés à des personnalités influentes et on attend les commandes.
Sa réputation se fera surtout dans les salons littéraires, par le bouche à oreille.
L'éditeur pendant ce temps développe son réseau, il écrit des courriers pour expliquer sa politique éditoriale aux libraires comme aux auteurs qu'il veut attirer dans son écurie.

En y réfléchissant bien on est pas très loin de la micro édition que nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir développer. Sauf qu'aujourd'hui on veut revenir sur une logique économique qui a un banalisé l'objet livre et l'écrivain. 
On édite beaucoup trop, c'est une évidence, en quantité. Les chiffres du pilon chaque année le prouvent.
Les moyens numériques vont accentuer cette boulimie de l'écrit, comme une nécessité de laisser une trace de soi. L'auto-édition est un vrai phénomène outre Atlantique, presque aussi important que l'édition classique.

Nous avons choisi une micro édition d'éditeur.
Peu de tirages pour commencer, retirage d'un ouvrage si il a du succès.
Comme la micro édition ne peut utiliser les moyens de distribution et de diffusion classiques onéreux et démesurés, elle doit revenir aux bon vieux trucs de la prime édition. Les salons, les dédicaces, les festivals... et le Web.

Ce blog sera notre vitrine, notre librairie.



2 commentaires:

  1. Merci, on va faire pour le mieux, c'est à dire pour le plaisir d'écrire, d'éditer , et de faire lire.
    :-)

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